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Couloir de la mort, Manuel Pratt redonne la vie.

Publié le par Manuel PRATT

Couloir de la mort, Manuel Pratt redonne la vie.


Manuel Pratt est seul. Vêtu de la combinaison orange des condamnés dans les prisons américaines. Il nous parle.

Ce n’est pas Manuel Pratt qui nous parle. C’est un condamné à mort. Un homme qui erre dans les couloirs de la mort d’une prison américaine.

Ce spectacle est issu des correspondances que l’auteur et comédien a pu avoir pendant plus de 10 ans avec deux détenus américains qui ne reverraient jamais d’autres couleurs que celles des murs de la prison. Trois mois avant son exécution, il a aussi rencontré l’un d’entre eux, et la pièce semble nous mener au cœur de cette dernière rencontre.

Couloir de la mort est un cri. Un cri de vérité sur la cruauté des hommes. Sur le lent processus qui fait que des êtres humains attendent l’issue fatale entre quatre murs. Sur un système qui tue à petit feu. Sur la violence au quotidien qui te fait mourir avant l’exécution de ta peine.

Couloir de la mort est une réflexion. Qui nous montre que tout le monde peut, à un moment ou un autre, basculer dans la criminalité. Et donc se retrouver du côté de celui qui va finir sa vie à attendre qu’elle s’achève. La peine de mort, peut concerner tout le monde.

Couloir de la mort est la parole d’un homme. Un homme qui a beaucoup de choses à nous dire, et qui n’aura pas le temps de le faire. Il nous dit qu’il ne verra plus jamais les couleurs, plus jamais une femme ou un enfant. Plus jamais. Il prend des douches froides, car ça lui donne le sentiment d’exister.

Couloir de la mort, ce sont les mots d’un homme fort et résigné. A quoi cela servirait, nous dit-il, de regarder la télévision ou d’écouter la radio ? La vie n’est déjà plus. Il ne deviendra pas fou, comme de nombreux autres prisonniers. « Moi, nous dit-il, je veux mourir digne et droit ».

Couloir de la mort n’est pas une pièce qui excuse les criminels. Celui qui nous parle reconnaît que certains hommes doivent être punis, mis à l’écart de la société et des hommes auxquels ils ont fait du mal. Mais « tuer un homme, ça sert à rien ». Dans les couloirs de la mort, le parcours de ces condamnés les tue avant même qu’ils ne subissent la dernière injection. On les considère comme des chiens : « faut qu’on te brise, faut qu’on te casse ».

Couloir de la mort est le texte d’un auteur, Manuel Pratt, qui, lorsqu’il est sur scène, nous fait oublier le grand comédien qu’il est pour laisser toute la place à la personne qu’il interprète. Il est, pour de bon, ce condamné à mort. Il redonne la vie à celui qu’il a connu, et qui n’est plus. En ce sens, Couloir de la mort est un hommage à ceux qui, quoi qu’ils aient fait dans le passé, sont déjà morts, morts d’attendre leur dernier jour.

Couloir de la mort est un texte pur qui, au-delà du témoignage nous prend dans nos tripes, nous laisse les yeux humides mais sans passer par une émotion surjouée.

Couloir de la mort, pourtant, est une pièce qui nous parle de la vie. Qui redonne la vie. Et c’est à cela que sert le théâtre : redonner la vie.

Virginie Spies

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Lepetitrenaudon

Publié le par Manuel PRATT

Couloir de la Mort

Manuel Pratt
Pendant plus de dix ans, Manuel Pratt a correspondu avec un prisonnier américain, détenu dans le Couloir de la Mort. Trois mois avant son exécution, Pratt a rencontré Gérald S.
De cet échange, de cette rencontre, est né ce spectacle. Un témoignage direct, sans concession sur les conditions d’incarcération, d’exécution, sur la peine de mort, telle qu’elle est appliquée aux Etas Unis.
« Un spectacle puissant, véritable coup de poing dont on ne sort pas indemne» Le soir - Belgique
«Emouvant, inoubliable» Charlie Hebdo
«Pas de misérabilisme, pas de fausse pudeur, la violence au sens brut du terme. Ce que certains hommes peuvent imposer à d’autres hommes au nom de la Justice… D’une réalité implacable» le Monde
Un moment fort, grave et inoubliable. Une fois entré dans le registre langagier un peu chaotique du taulard, on est emporté par le flot, fasciné, cloué sur son siège. Pratt joue juste, parle avec ses tripes et surtout, n'en fait ni trop ni trop peu. Pas de provoc, pas de débat, il témoigne. Et ça fait mal, on entend ce qu'on préfèrerait ne pas écouter, on voit ce qu'il suggère et on a honte de l'homme. L'argument choc de Pratt est clair : il n'y a aucune différence autre que formelle entre les criminels et ceux qui, au nom de la protection de leurs semblables, s'arrogent le droit de les tuer. Ces derniers ont les mêmes instincts, ils sont simplement plus malins et ont trouvé le moyen d'assouvir leurs instincts en tout légalité.
Pratt est parfait, totalement dans le rôle sans affeterie, sans effet inutile, un "vrai" acteur qui garde sa "distinction" naturelle pour jouer le loubard tout en étant crédible.

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Coup de tronche sur Avignon...

Publié le par Manuel PRATT

Bienvenue dans un spectacle de la Compagnie Manuel Pratt.

Depuis quelques années nous pratiquons le payement libre, plus communément appelé :

Payement au chapeau

 Que signifie le payement libre et pourquoi ce choix …

Le spectateur verse une somme d’argent en fonction de plusieurs critères :

-          Son appréciation du spectacle

-          Ses possibilités financières.

Si on devait résumer schématiquement :

On donne ce que l’on veut à la hauteur de son ressenti et on donne ce que l’on peut suivant la grosseur de son porte-monnaie. Il est assez facile d’évaluer le tarif d’un spectacle en regardant les prix effectués dans les théâtres concurrents pour se faire une idée du prix d’un billet.

Je ne reçois aucune aide, aucune subvention,  le coût du  Festival d’Avignon ( location de salle, inscription, frais annexes …) est payé par l’argent des cachets effectués durant l’année lors des tournées et divers galas.

Je ne veux pas jouer les martyrs, les comédiens ignorés des mécènes lointains, des producteurs avides, non je tiens tout simplement à une liberté complète, liberté que j’assume et que je paye chèrement et l’expression est bien choisie …

Je ne peux critiquer un système politique, une gestion municipale si chaque mois, je dois recevoir de la Ville ou de l’Etat, de l’argent qui me permettrait de m’exprimer sur scène…

 Cela serait malhonnête et profondément obscène.

Je ne veux pas non plus que le prix d’entrée soit un facteur de tri, un obstacle, une barrière, une interdiction pour un spectateur qui n’aurait pas les moyens financiers  de venir se détendre.

Ma porte doit rester ouverte et elle le restera.

Certains me diront que financièrement cette démarche est suicidaire,  que c’est un sacrifice inutile, souvent ses remarques proviennent de directeurs de théâtres qui se vantent d’avoir une programmation à tendances sociales et humanistes, que le spectacle vivant doit être partagé mais ce sont aussi les mêmes qui pratiquent des tarifs exorbitants, pratiquant dès lors la sélection par les revenus …

Vous avez dit social ????

Que fait dès lors celui ou celle qui se sent rejeté de partout car financièrement  non autonome, il ou elle se tourne vers le seul moyen d’expression qui reste à peu près gratuit (j’oublie la redevance) il ou elle se cale devant la télé et absorbe les niaiserie, télé réalité, les jeux débiles, les animatrices vulgaires, les jurys aux carrières ratées qui pour avoir été humiliés se mettent à humilier à leurs tours…

Je ne critique pas spécialement le spectateur de rester scotché devant Tf1, M6 ou tout autre chaîne ; a-t-il, d’ailleurs le choix pour un autre loisir si même pour manger, il a du mal à assurer la gestion de son quotidien. ..

Mais si on lutte contre ces chaînes et leurs programmes putrides, encore faut-il donner au public un autre choix, une autre possibilité de ne pas rester agglutiné devant son petit écran, bientôt trois D ..quoique 3 D , il l’a toujours été :

Détestable, débile et Dégueulasse.

C’est la raison du payement libre.

Et m’auto finançant à 100%, on ne pourra pas m’accuser de démagogie simpliste.

Quant à celui qui a les moyens et qui préfère ne rien donner juste pour le plaisir, je le laisse avec sa conscience et je me rassure en pensant qu’en mangeant dans un restaurant avignonnais lors du festival, là où il sera obligé de régler une addition souvent comme son repas trop salée, quelques heures plus tard, il se tordra de douleur victime à son tour d’une malhonnêteté bien méritée…

Bon spectacle.

Manuel Pratt

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La Quotidienne - Emission TV - Lyon mai 2012

Publié le par Manuel PRATT

La Quotidienne - Ma-Tvideo France3
Interdit de radio et de Télé, l'incorrigible Manuel Pratt est sur le plateau de " La Quotidienne " ce soir pour nous parler de la semaine de l'irrévérence. Martine Favret alias super mamie Rhône-Alpes 2012 retrace son fabuleux parcours avec nous. Retrouvez également la chronique féminine de Lisa Bron et les bons plans concerts de Stéphane Biamou !

 

 

 

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